PMSE

Le contexte

Les auxiliaires de radiodiffusion sont souvent regroupés autour de l’acronyme anglais PMSE (programme making and special events) qui désigne les systèmes microphones sans fil (PMSE audio) et les équipements de caméras vidéo (PMSE vidéo) exploités dans l’environnement professionnel, notamment pour la production de contenu audiovisuel, de spectacles, et d’évènementiel. Une harmonisation existe, définissant les gammes d’accords permettant leur utilisation dans chaque pays selon la réglementation nationale. Les professionnels sont néanmoins soucieux des récentes réallocations au profit des réseaux mobiles commerciaux de fréquences jusqu’à présent utilisées par les PMSE.
S’agissant de la PMSE audio, dans le cadre du schéma de réorganisation de la bande L visant un échange des bandes 1 375 – 1 400 MHz et 1 492 – 1 518 MHz, il est envisagé d’autoriser en France les utilisations pour les microphones sans fil dans la bande 1375 – 1400 MHz, cette bande faisant partie d’une « gamme d’accord » (1 350 – 1 400 MHz) pour cet usage, en cours d’harmonisation au niveau européen. La bande 1 518 – 1 525 MHz, malgré sa capacité limitée, suscite l’intérêt de l’industrie PMSE et des conditions d’utilisation harmonisées sont à l’étude au niveau européen. Enfin, la CEPT étudie la possibilité de l’utilisation en partage de la bande 960 – 1 164 MHz, compte tenu de l’ouverture de cette bande par l’Ofcom au Royaume-Uni.
Enfin, l’Agence propose de contribuer à une réflexion au niveau national sur la coexistence entre les différentes applications PMSE audio, en coordination avec l’ARCEP. En effet, la coexistence opérationnelle entre les différents utilisateurs PMSE pourrait être améliorée en identifiant les blocs préférentiels pour certaines applications (microphones d’une part, retour-sons d’autre part ou microphones fixes séparés des microphones mobiles). Par ailleurs, de nouvelles configurations d’utilisation et de partage avec d’autres utilisateurs se dessinent, et un modèle de portail déclaratif pourrait être exploré afin d’avoir un meilleur suivi des utilisations dans certaines bandes.
S’agissant du PMSE vidéo, deux bandes de fréquences additionnelles ont récemment été mises à disposition :

  • 2 010 – 2 025 MHz : cette bande bénéficie d’une harmonisation communautaire récente transposée dans le cadre national. Il limite cependant, en pratique, l’usage PMSE vidéo à un canal de 10 MHz. L’ANFR propose d’explorer une extension de 5 MHz au-dessus de 2 025 MHz afin d’offrir un second canal de 10 MHz.
  • 2 700 – 2 900 MHz : le cadre national permet depuis 2015 l’utilisation de certains types de PMSE vidéo, après coordination avec les affectataires ayant des droits dans la bande, afin d’assurer la protection des systèmes radar (2 700 – 2 900 MHz) et des observations de radioastronomie sur le site de Nançay (2 690 – 2 700 MHz et 2 700 – 2 735 MHz). Afin de faciliter le développement de l’écosystème PMSE dans cette bande, la France soutiendra une démarche d’harmonisation communautaire de la solution de partage développée au niveau national en laissant la flexibilité nécessaire au Etats membres pour gérer la coexistence avec les différents types de radars.

Par ailleurs, des équipements caméras vidéo peuvent déjà opérer via des réseaux 3G. La 5G présentera de nouvelles opportunités pour les PMSE vidéo, compte tenu des caractéristiques de la 5G, notamment sa faible latence et les possibilités de garantir une qualité de service.
Concernant les grands évènements, l’usage intensif des fréquences temporaires et la saturation des bandes entraînent des problèmes d’allocation et de coordination. En France, les fréquences pour les PMSE audio sont sous autorisation générale de l’ARCEP, ce qui crée localement des difficultés de mise en œuvre quand les usagers sont nombreux en un même lieu. Certains pays, comme le Royaume-Uni, ont choisi le régime d’autorisation individuelle ; ainsi le régulateur joue le rôle de coordonnateur de l’usage de ces fréquences. En France, pour éviter des dysfonctionnements, les organisateurs de grands évènements demandent souvent à l’ANFR la mise en place d’une coordination quand le nombre d’utilisateurs s’annonce élevé. Celle-ci intervient alors en préventif, par la coordination des assignations de fréquence, et en curatif, pour résoudre les brouillages ou utilisations non coordonnées grâce à ses moyens de mesure. L’augmentation de l’usage des PMSE et la raréfaction de la ressource spectrale entrainera de plus en plus ce besoin de coordination. Une réflexion devra être menée pour déterminer la réponse la mieux adaptée à l’évolution des usages.

Proposition 1

L’Agence examinera les bandes de fréquences qui pourraient être mises à disposition pour les PMSE audio, notamment la bande 1 375 – 1 400 MHz, la bande 1 518 – 1 525 MHz. Elle contribuera au plan européen aux études techniques entre PMSE audio et les services actuellement autorisés dans la bande 960 - 1 164 MHz afin de dégager une vision prospective de l'importance à long terme de cette bande.

Proposition 3

S’agissant du PMSE vidéo, l’Agence explorera au niveau national l’extension de la bande 2 010 – 2 025 MHz de 5 MHz au-dessus de 2 025 MHz, afin d’offrir un second canal de 10 MHz. Elle soutiendra l’harmonisation communautaire de la bande 2 700 – 2 900 MHz. Elle étudiera les perspectives d’utilisation de la 5G pour répondre à certains besoins.

Proposition 2

L’Agence contribuera, en coordination avec l’ARCEP, à une réflexion au niveau national sur la coexistence entre les différentes applications de PMSE audio, notamment la possibilité d’identifier des blocs préférentiels pour certaines applications, et l’éventuelle évolution des conditions d’autorisation.

Proposition 4

L’Agence explorera les modalités d’intervention de l’ANFR dans la coordination des fréquences PMSE audio et les conséquences des demandes en augmentation dans un contexte où les moyens de l’Agence sont contraints.

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