Drones

Le marché des drones est estimé à 60 millions d’euros en France en 2015, et pourrait atteindre 650 millions d’euros en 2025. Bien que la France se soit dotée très tôt d’une réglementation adaptée, la percée spectaculaire des drones de loisirs ne s’est pas encore produite pour les usages professionnels : elle représente un réel potentiel de croissance industrielle.
D’abord tirés par les besoins militaires de défense et de sécurité, les usages professionnels s’étendent également aux domaines de la sécurité civile (surveillance des frontières et des sites sensibles, sûreté en mer, Inspection de sites en cas d’accident aérien), et de nouveaux usages commerciaux apparaissent (Inspection d’infrastructures et d’ouvrage d’art, de lignes haute tension, agriculture de précision…). Ce marché reste prometteur mais le développement des usages professionnels civils suppose des évolutions réglementaires et technologiques pour que de grands opérateurs de réseaux, tels SNCF, EDF ou ENGIE développent des applications de surveillance linéaire à l’aide de drones.
Tous les drones ont en commun d’utiliser des fréquences pour leur télécommande. Leur utilisation sur de longues distances, hors vue de l’opérateur (« non line of sight », ou trans-horizon), afin de garantir la bonne insertion dans l’espace aérien, imposera soit de disposer de ressources spectrales protégées, soit de développer des modes opératoires sécurisés (redondance des commandes, notamment).
Le ministère de la Défense est d’ores et déjà en mesure de piloter les drones par satellite, mais en « espace réservé » pour assurer la sécurité des autres aéronefs. Les drones militaires suivent depuis plus d’une décennie une progression soutenue, du fait des avantages considérables qu’ils apportent pour l’observation d’une zone d’opération, pour des missions courtes mais aussi dans la durée (jusqu’à plusieurs dizaines d’heures) : ils offrent ainsi une grande complémentarité avec les satellites d’observation.

Un cadre règlementaire dont les contraintes varient avec le type d’usage a été élaboré en France par l’Aviation Civile pour les drones de petite taille pilotés en liaison directe. Ces fréquences, généralement dans les bandes du WiFi dites sous régime d’autorisation générale du WiFi, ne sont pas protégées.
Les drones plus volumineux nécessitent quant à eux une fiabilité totale de la liaison de contrôle-commande et utilisent des fréquences déjà reconnues pour ce type d’usage, notamment dans la bande 5 GHz identifiée par la CMR-12 pour du service AM(R)SS. Pour contrôler un drone à longue distance, l’usage de satellites est incontournable. Néanmoins, dans l'attente de satellites utilisables à cette fin dans la bande 5 GHz a conduit l’UIT à étudier à l’occasion de la CMR-15 la possibilité d’utiliser l’offre commerciale des satellites en bandes Ku et Ka pour du service FSS. Cet usage de fréquences non spécifiques pour piloter des drones susceptibles en outre d’évoluer en espace « non réservé » (dans le trafic aérien) n’est envisageable qu’en fixant de nombreuses conditions, qui doivent être examinée d’ici à 2023 par l’OACI. Cette organisation étudie donc actuellement le développement de recommandations et normes applicables aux drones dans les espaces « non réservés » aussi bien dans la bande 5 GHz que dans les bandes du SFS en Ku et Ka.
Courant 2016, Thalès Alenia Space (TAS) a, pour sa part, présenté un nouveau concept reposant sur des satellites en orbite basse, permettant la mise en œuvre du contrôle-commande à 5 GHz.
Ces différents efforts laissent espérer que des solutions de sécurité déboucheront d’ici quelques années, accompagnées de la baisse des prix des composants et du développement d’une harmonisation des réglementations européennes et d’un cadre réglementaire aux Etats-Unis.
En misant sur la maîtrise des obstacles réglementaires, et sur des gains de compétitivité face aux vecteurs existants (satellites, hélicoptères, petits avions), les projets impliquant des drones commandés par satellite pour des applications civiles sont en forte expansion. Des projets emblématiques sont par exemple celui de la diffusion universelle de la 5 G, porté par Google (drones à énergie solaire) ou celui de drones de livraison (Amazon). De multiples projets plus accessibles sont aussi en cours pour la surveillance et la sécurité des personnes, maritimes ou terrestres.

Apportez votre contribution au plan stratégique

Enjeux connexes de la gestion des fréquences

Usages connexes