Les systèmes de transports intelligents (ITS)

Le contexte

Les systèmes de transports intelligents (ITS) doivent permettre aux voitures autonomes de communiquer entre elles, avec l’infrastructure ou même avec les piétons.
Les ITS doivent se déployer en Europe dans les bande de fréquences 5,9 GHz (5855-5925 MHz) et 63-64 GHz, la bande 5875-5905 MHz faisant en outre l’objet d’une harmonisation communautaire.
Un débat industriel est en cours dans les enceintes normatives sur les technologies qui seront retenues pour des communications entre un véhicule et une unité d’infrastructure routière (« V2I », pour vehicle to infrastructure) ou entre deux ou plusieurs véhicules (« V2V », pour vehicle to vehicle). Les industriels envisagent deux approches :

  • La technologie « G5 » repose sur la norme IEEE 802.11p ; il s’agit d’une adaptation au monde des transports intelligents d’une norme WiFi déjà disponible ;
  • celle du 3GPP, souvent dite « V2X », tire parti du LTE (4G), ses spécifications viennent d’être finalisées.

La réglementation est, aujourd’hui, technologiquement neutre, mais pourrait évoluer à l’avenir compte tenu des besoins d’interopérabilité et de la nécessité de faire coexister ces deux technologies.
Par ailleurs, l’Agence travaille aujourd’hui, au niveau européen, à intégrer aux ITS le système CBTC (Communication Based Train Control en anglais). Le CBTC permet d’automatiser l’exploitation des rames de métro, en particulier les rames automatiques. Il est déjà mis en œuvre dans le métro parisien, à Lyon et à Lille, par exemple, dans la bande 5 915-5 935 MHz. Cette application, essentielle au développement des transports urbains du futur pourrait bénéficier des mesures d’harmonisation pour les ITS dans les bandes 5 855-5 925 MHz.
Cette multiplication des technologies et des usages dans la bande des 5,9 GHz rend incertaine la perspective d’une utilisation de la bande par le WiFi à plus large bande, examinée dans le cadre de la préparation de la CMR-19.
La bande 63-64 GHz offre quant à elle une ressource complémentaire à la bande 5,9 GHz, notamment pour des applications de gestion du trafic et de la mobilité dans la perspective du développement de la voiture autonome. Elle permet la transmission des données des capteurs, notamment des radars de voiture dans les bandes 76 à 81 GHz qui permettent de percevoir l’environnement du véhicule au-delà des voitures voisines. Cette bande est inscrite dans la bande 57-66 GHz appelée à être de plus en plus utilisée par des équipements de type WiFi (« WiGig ») ou des liaisons d’infrastructure sous régime d’autorisation générale. La compatibilité entre ces deux usages devra être assurée.

Proposition 1

Afin de contribuer aux possibilités d’économies d’échelle et faciliter la mobilité inhérente aux véhicules, l’Agence œuvrera à préserver la bande 5855-5925 MHz pour les ITS en cherchant autant que possible des conditions de cohabitation avec les autres usages potentiels (Wifi ou CBTC). Ses travaux auront lieu à l’échelle européenne et mondiale, notamment en lien avec le point « WiFi » de la CMR-19.

Proposition 3

L’Agence contribuera en faveur de l’harmonisation communautaire de la bande 63-64 GHz, indispensable pour les applications de platooning, et veillera à la protection des ITS dans cette bande vis-à-vis des applications de type WiFi (WiGig) dans la bande 57-66 GHz.

Proposition 5

Certains acteurs souhaitent que les pouvoirs publics concernés par le développement des véhicules connectés sur les routes (ministère des transports, ministère de l’économie, ANFR ou ARCEP) mettent en place une instance de coordination pour mieux jalonner ces évolutions (feuille de route) et optimiser les investissements, sachant que les ITS doivent permettre une meilleure sécurité sur les routes et plus de fluidité dans la circulation mais qu’il reste plusieurs défis à surmonter. L’ANFR examinera cette possibilité avec l’ensemble des acteurs.

Proposition 2

L’Agence s’assurera de la coexistence entre toutes les technologies (G5, V2X et CBTC) qui pourraient être introduites dans les mêmes bandes et qui soutiennent des fonctions critiques. Elle n’intervient qu’indirectement dans le débat technologique relative à la technologie « G5 » et celle « V2X » du 3GPP.

Proposition 4

Si l’intérêt en est confirmé par les acteurs, l’Agence examinera, aux niveaux national et européen, les possibilités d’utilisation de la bande 76 à 81 GHz pour les communications ITS, en complément de la bande 63-64 GHz.

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