Géolocalisation

De nombreux systèmes de géolocalisation utilisent des fréquences radioélectriques pour fournir deux informations essentielles : la position du récepteur et l’heure exacte. A partir de ces données, de multiples applications ont été développées, allant de la création d’itinéraires sur les smartphones à l’agriculture de précision, où les champs sont cartographiés de façon détaillée pour mieux les exploiter. Ces informations améliorent la gestion des flottes de véhicules, ce qui réduit la consommation de carburant ou les délais d’intervention. D’autres moyens de transport utilisent également la géolocalisation : trains, bateaux ou avions ont tous besoin de connaître leur position pour assurer la sécurité des personnes et des biens qu’ils transportent, faciliter leurs manœuvres ou optimiser leurs trajets.
L’horodatage est une application souvent connexe à la géolocalisation. Bien que l’objectif principal des systèmes de géolocalisation soit de fournir des informations sur la position du récepteur, la diffusion d’une échelle de temps de manière synchronisée, notamment par les systèmes satellitaires, a par ailleurs conduit au développement d’applications qui utilisent seulement cette fonction. Elle est notamment utilisée pour la synchronisation temporelle des réseaux de distribution électrique, de communications (téléphonie mobile, internet) ou de diffusion télévisuelle (TNT). Elle permet également l’étiquetage temporel précis de messages, ce qui revêt une importance cruciale pour la fiabilité des échanges financiers et donc pour le système bancaire.
Parmi les différentes solutions techniques permettant la géolocalisation, ces dernières années ont vu une progression spectaculaire de l’utilisation du GPS, une constellation satellitaire américaine qui diffuse des signaux permettant le positionnement et la navigation. Il existe également des équivalents moins connus du grand public, les systèmes russe, GLONASS, et chinois, Beidou. Le système européen Galileo, est, quant à lui, en cours de déploiement. Tous ces systèmes partagent trois bandes de fréquences : 1 559 – 1 610 MHz (bande cœur historique), 1 215 – 1 300 MHz (bande d’extension), 1 164 – 1 215 MHz (bande d’extension additionnelle).
Le système Galileo est déployé sous l’égide de la Commission européenne par l’Agence spatiale européenne et l’Agence européenne des systèmes mondiaux de navigation par satellite. A la différence des autres dispositifs, il a été conçu comme un système mondial exploité par des entités civiles pour répondre à des besoins essentiellement civils (même s’il existe aussi un signal gouvernemental dédié dans le système Galileo). Cette approche garantit une indépendance européenne, désormais économiquement cruciale : la Commission européenne a en effet estimé qu’environ 6 à 7 % du PIB européen – près de 800 milliards d’euros – dépend de l’exactitude des données fournies par les systèmes de navigation par satellite.

Le système Galileo est désormais dans sa phase finale de déploiement et les services initiaux ont été déclarés opérationnels le 15 décembre 2016. La capacité opérationnelle complète sera disponible en 2020. Les fréquences radioélectriques qu’il utilise ont, depuis 2003, un statut international garanti et sont enregistrées auprès de l’UIT.
Les systèmes satellitaires pourraient remplacer à terme des anciens systèmes de positionnement terrestre comme le DECCA, le LORAN et l’Oméga, largement utilisés dans le monde maritime et aéronautique. En revanche, les systèmes de localisation spécifiquement utilisés par le monde aéronautique (par exemple DME/TACAN) sont encore pérennes compte tenu de leur robustesse.
Certains systèmes de géolocalisation terrestres complètent la couverture globale satellitaire, notamment pour permettre une géolocalisation précise à l’intérieur des bâtiments (centre commerciaux ou bureaux par exemple). Plusieurs solutions techniques sont offertes, par exemple par la diffusion dans ces bâtiments de signaux similaires à ceux de GPS/Galileo ou via les réseaux Wifi.
D’autres systèmes terrestres de géolocalisation visent à renforcer la précision des signaux GPS ou Galileo en fournissant des données de correction (« GPS différentiel ») ou leur fiabilité, avec des niveaux reçus plus élevés, les rendant plus robustes à d’éventuels brouillages (« pseudolites »).

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