Organiser la cohabitation dans la bande 5 GHz

Le contexte

La bande 5 GHz est aujourd’hui le point focal de plusieurs services, qui devront y coexister alors que, pour certains d’entre eux, leurs besoins apparaissent en croissance : les usages qui y sont autorisés de longue date (radars, satellites), les usages RLAN (Wifi) et les systèmes de transport intelligents (ITS).
Les réseaux locaux radioélectriques sont désignés souvent par leurs acronymes anglais, radio local area networks – RLAN – ou wireless local area networks - WLAN. On les appelle plus communément des réseaux Wifi, quoique ce dernier terme désigne plus précisément les technologies d’accès basées sur les normes IEEE 802.11 et que d’autres technologies, notamment le LTE-LAA développé par le 3GPP, ont aussi accès à ces bandes.
La réglementation européenne prévoit des mécanismes permettant de partager la bande entre ses usagers historiques et les RLAN. La bande 5 GHz accueille en effet des radars militaires et météorologiques, des systèmes de radionavigation aéronautique (radars météorologiques embarqués pour la détection de cyclones et de tornades) ou encore des satellites d’exploration de la Terre et des liaisons de connexion de la constellation Globalstar. Les RLAN peuvent utiliser ces fréquences, mais à condition de ne pas brouiller ces appareils.

Pour faire face à la demande croissante de très haut débit, l’industrie RLAN exprime depuis 2013 le souhait de disposer à 5 GHz d’une quantité de spectre contiguë plus importante visant à mettre en œuvre de nouvelles technologies utilisant une canalisation plus large (jusqu’à 160 MHz) qui offriront en accès sans fil des débits comparables à ceux de la fibre optique. Cette requête a fait l’objet d’études aux niveaux européen et international, notamment dans le cadre de la CMR-15. Les travaux, qui portent sur les bandes 5 350-5 470 MHz, 5 725-5 850 MHz et 5 850-5 925 MHz, n’ont pas encore abouti à une solution satisfaisante pour protéger les systèmes existants. La Commission européenne a notamment souligné la nécessité de protéger les applications faisant l’objet de politiques communautaires, comme les systèmes d’observation de la Terre, dont Copernicus (plus de 3,4 milliards d’euros d’investissements communautaires et de l’ESA avec 3,8 milliards d’euros programmés sur les 6 prochaines années) et les systèmes de transports intelligents (ITS) qui contribuent à la fluidité et à la sécurité routières.

Proposition 1

L’Agence poursuivra ses travaux pour trouver une solution technologiquement neutre pour faciliter la coexistence entre différentes technologies de RLAN à 5 GHz.

Proposition 3

S’agissant des ITS, afin de contribuer aux possibilités d’économies d’échelle et faciliter la mobilité inhérente aux véhicules, l’Agence œuvrera à préserver la bande 5855-5925 MHz pour les utilisations ITS, en cherchant autant que possible des conditions de cohabitation avec les autres usages potentiels (RLAN ou CBTC, le système de contrôle des rames de métro).

Proposition 2

En réponse au point à l’ordre du jour de la CMR-19, l’Agence contribuera aux travaux engagés sur de nouvelles techniques de partage avec les autres utilisateurs de la bande et analysera les contraintes réglementaires applicables dans les bandes existantes. L’Agence propose notamment de :

  • évaluer l’opportunité en Europe d’un relâchement réglementaire des bandes actuelles (5 150-5 250 MHz et 5 250-5 350 MHz) tout en protégeant les autres systèmes (utilisateurs actuels), notamment satellitaires ;
  • protéger l’utilisation par COPERNICUS de la bande 5 370 – 5 470 MHz et envisager que cette bande soit un « refuge » pour les systèmes radars y compris les radars météorologiques ;
  • examiner, en contrepartie, une solution raisonnable pour l’extension du Wifi dans la bande 5 725-5 850 MHz qui prenne en compte la protection des usages existants (télépéages ou radars).

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Usages connexes

Enjeux connexes de la gestion des fréquences

3 réflexions au sujet de « Organiser la cohabitation dans la bande 5 GHz »

  1. Votre proposition numero 2 semble la plus adaptée pour permettre la montée en puissance des RLAN qui oeuvrent beaucoup pour le désenclavement numérique et qui sont limités aujourd’hui par le manque de fréquences disponibles et également par le brouillage de la bande 5ghz par les nouvelles box des grands operateurs qui utilisent cette bande alors que celle-ci est bien plus mauvaise que la bande de 2,4Ghz à l’intérieur ces habitations. Il serait interressant d’ouvrir effectivement la bande des 5ghz comme dans votre proposition numéro 2 mais de n’autoriser que les opérateurs à utiliser ces frequences et ce uniquement pour la desserte en RLAN et surtout d’interdire les equipements des abonnés sur ces mêmes fréquences.

  2. Votre proposition 2 répond mieux à la problématique d’une bande libre partagée. Cependant, il serait bon de scinder la bande en usages pour éviter, par exemple, que les box opérateurs à usages intérieurs ne parasitent les liens extérieurs et inversement.
    De plus, toute station radioélectrique extérieure émettant sur cette bande devrait être soumise à déclaration pour la voir apparaître dans votre outil de référencement cartoradio pour que les installations de nouvelles stations soient faites dans les règles de l’art.

  3. La proposition numéro 3 est essentielle pour le déploiement des systèmes CBTC à venir et actuellement en service.
    En effet le plan ambitieux de déploiement et de modernisation des métros français et européens basé sur la technologie CBTC a besoin de s’appuyer une bande de fréquence suffisante et pérenne afin de garantir la sécurité, la qualité de service et les performances requises par de tels systèmes.
    La bande de fréquence 5.9Ghz actuellement utilisée par nombreux réseaux en a déjà démontré l’efficacité
    Il n’est par contre pas connu des acteurs métros que la technologie CBTC soit remplacée à long terme par ERTMS.

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