Objets connectés

L’internet des objets étend l’usage de l’internet, jusqu’alors limité aux communications entre personnes physiques via des ordinateurs ou plus récemment des téléphones portables, à des objets, qui communiqueront entre eux ou avec des serveurs. Ainsi, en 2020, 50 (Cisco, Ericsson) à 80 milliards (IDATE) d’objets pourraient être connectés selon les prévisions. Si les chiffres avancés et leurs périmètres peuvent varier sensiblement, tous indiquent l’importance que prendront les objets connectés dans les échanges de données.
L’internet des objets aura sans doute des effets sensibles dans les secteurs de la santé, des transports ou de l’agriculture et contribuera à façonner l’industrie du futur, la maison connectée et les villes intelligentes. Outre leurs positifs pour l’économie et la société, ces développements pourraient lancer un nombre de défis, notamment en matière de sécurité et de protection de la vie privée.
Quel que soit le moyen de connexion – réseaux locaux, dédiés, cellulaires ou satellitaires par exemple –, l’internet des objets reposera largement sur un accès au spectre. En effet, si les réseaux filaires pourraient servir pour connecter certains objets, la croissance de l’internet des objets devrait être majoritairement portée par l’utilisation de technologies sans fil, comme le constate l’Arcep dans son livre blanc de 2016. Les technologies de type Wifi ou Bluetooth pourraient servir pour les liaisons entre objets à courte distance, par exemple pour les usages de la domotique. Les réseaux cellulaires, les réseaux LPWA dédiés à l’internet des objets ou encore les réseaux satellitaires pourraient, quant à eux, porter la croissance des objets à connecter sur une grande distance. Le défi de l’internet des objets pour les acteurs de la gestion du spectre pourrait résulter tant du nombre, élevé, d’objets à connecter que de la diversité des moyens de connectivité.
De nombreux acteurs français (Sigfox, Qowisio, Actility, Adeunis RF ou Kerlink) s’implantent sur le segment de l’internet des objets, en France et à l’étranger. Ce secteur offre, par ailleurs, de nombreuses possibilités pour améliorer la chaîne de production et pour réaliser des économies, notamment à travers la maintenance prédictive, le contrôle à distance d’équipements et l’exploitation des données issues des capteurs. Ces derniers, qui pourront être intégrés à des machines, mesureront par exemple la température, la vibration, l’humidité, la pression ou la position de l’objet.

S’agissant du secteur de production, une étude de PWC, Industry 4.0 - opportunities et challenges of the industrial internet, prévoit que l’internet industriel (la numérisation des chaînes de valeur et la connectivité des objets) pourrait permettre une augmentation de productivité et d’efficacité dans l’utilisation des ressources de 18 % sur 5 ans, contribuant ainsi au développement durable. Cette étude, basée sur une enquête auprès d’entreprises du secteur industriel en Allemagne et dont les résultats sont extrapolés au niveau européen, conclut également que la numérisation des produits et services pourrait générer jusqu’à 110 milliards d’euros de revenus additionnels dans le secteur industriel au niveau européen par an. Concernant le secteur de l’internet des objets, l’IDATE prévoit un taux de croissance annuel cumulé (CAGR) de 14 % sur la période 2015 à 2025 pour donner 155 milliards d’objets en 2025 au niveau mondial. Selon ce même rapport, l’Amérique du Nord était en 2013 le premier marché géographique de l’internet des objets et avait un CAGR de 12 %. L’Europe en était le deuxième marché mais sera le 3ème en 2025 du fait de son plus faible CAGR (14 %) par rapport à l’Asie-Pacifique (16 %) .
La multiplication des objets connectés, leur nature, leur environnement (domestique ou industriel par exemple), le rythme de leur essor, le rôle des opérateurs, le type de réseau, le type de régime d’autorisation et la qualité de service sont autant de composantes à intégrer dans la gestion du spectre pour les objets connectés, y compris en ce qui concerne le contrôle du spectre et la mesure de l’exposition au public.
Une vaste palette de ressources est d’ores et déjà disponible pour les objets connectés, dont l’utilisation :

  • des réseaux des opérateurs mobiles (aujourd’hui la technologie GPRS, demain les nouvelles technologies développées par le 3GPP en bande étroite ou large bande) ;
  • des bandes libres, dont 169 MHz, 433 MHz, 868 MHz, 2,45 GHz, 5 GHz ;
  • des réseaux privés pour certains secteurs (énergie, transport) ;
  • des fréquences satellitaires.

De nombreux acteurs de l’internet des objets ont néanmoins souligné le besoin urgent de trouver de nouvelles ressources sous un régime d’autorisation générale dans les bandes 800 et 900 MHz, faisant ainsi écho aux travaux menés par l’Agence, en concertation avec l’Arcep et le ministère de la Défense, depuis 2015. Ce besoin est également mis en avant dans le livre blanc sur l’internet des objets publié par l’Arcep.

Si un grand nombre des objets à connecter pourraient être à bas-débit, ces objets pourraient être très répandus dans la vie quotidienne, soulevant ainsi des questions d’occupation spectrale. D’autres objets pourraient, par ailleurs, avoir besoin d’une connectivité à haut débit, par exemple pour envoyer des contenus vidéo. La pression que les objets connectés exerceront sur le spectre reste néanmoins suspendue à leur mode de raccordement à leurs serveurs. En effet, il peut être soit direct, nécessitant des fréquences permettant des communications de l’ordre du km et imposant à terme la recherche de bandes de fréquences spécifiques pour ces usages, soit indirect, en utilisant des bandes libres pour accéder à des smartphones ou des points d’accès proches relayant à leur tour les communications vers les serveurs. Cette seconde configuration, prédominante aujourd’hui, contribue à modérer les besoins fréquentiels de ces nouvelles applications.
D’autres travaux sont en cours sur les points suivants :

  • l’intérêt éventuel de l’ouverture d’autres bandes de fréquences pour l’internet des objets dans le cadre d’une autorisation générale, par exemple la bande 1 900-1 920 MHz ;
  • les mesures à prendre pour faciliter l’utilisation des fréquences pour les réseaux privés pour des applications de l’internet des objets devant bénéficier d’une absence de brouillage. Les préférences de gammes de fréquences et de technologies PMR et internet des objets auront un impact sur les choix futurs concernant la bande 400 MHz ou les bandes pour la PMR au-dessus de 1 GHz (voir fiche sur les réseaux PPDR et PMR du futur) ;
  • les choix technologiques qui seront faits par les opérateurs mobiles concernant les nouvelles interfaces radio dédiées aux connexions de l’internet des objets.

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3 réflexions au sujet de « Objets connectés »

  1. Quelques soient les négociations sur leur partage, les frequences radioelectrques resteront limitées. Il faut basculer vers les frequences de la lumiere visible (Visible Light Communications) qui elles sont illimitées et beaucoup plus adaptées a l’interieur des batiments et meme sous terre. Il s’agit de la nouvelle technologie Li-Fi ( Light Fidelity) pour laquelle une start-up française est a la pointe de cette technologie (http://www.oledcomm.com/). D’autres start-up se lancent pour offre des passerelles de connexion entre les objets connectes et la lumiere et transmettre les données en utilisant le reseau telecom (DSL Fibre ou autre) et reduire le besoin en frequences radio.

  2. Voilà un domaine qui sort de l’ordinaire, et ou les ressources ne sont plus RARES comme cela est avancé par les autorités (ARCEP/DGE/ANFR).

  3. Je suis ébahi de voir devant l’angélisme de nos politiques qui ne voit que par le « numérique ».
    Nos décideurs refusent de regarder la vérité en face quant aux dangers potentiels des objets connectés.
    L’un des plus récents concerne l’absence de sécurité lors des paiement sans contact. Il existe des failles connues depuis le début de la mise en place des puces sur les CB.
    Les objets connectés. Notre ministre en charge de l’économie numérique, ne jure que par les objets connectés……
    Elle est sourde à tous les problèmes et dangers qui guette notre socièté connectée à outrance.
    Il suffit de faire un tour sur la toile pour voir, comment il est facile de s’introduire dans les systèmes électroniques embarqués dans les véhicules. Les vols de voiture se multiplient sans qu’il y ait trace de la moindre effraction.
    Il devient possible de prendre à distance le controle d’un véhicule et de mettre en panne…..etc!
    Le hacking est considéré comme un acte criminel, même s’il met en évidence des failles dangereuses.
    Un des derniers connus est celui d’un panneau d’affichage qui montre à l’évidence l’absence de mesures de sécurité informatique. La répression n’est pas une solution.
    On force la main des particuliers et client d’ERDF à installer un compteur LINKY, alors que la dangérosité du CPL est connue.
    La prise de contrôle à distance des moyens domotiques peut s’avérer catastrophique.

    Les exemples donnés sont le millième de ce qui existe…..

    L’utilisateur final doit pouvoir en toute circonstances pouvoir reprendre la main. Ce n’est pas le cas aujourd’hui.
    Nous allons à la catastrophe……

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