Production de contenus audiovisuels

L’élaboration de programmes audiovisuels nécessite de nombreux appareils sans fil, tels que des micros ou des caméras vidéo. Ces appareils sont souvent regroupés autour de l’acronyme anglais PMSE (programme making and special events) qui désigne les systèmes audio (PMSE audio) et vidéo (PMSE vidéo) sans fil exploités dans l’environnement professionnel, notamment pour le tournage de films, la production d’émissions, le spectacle vivant ou les grands événements.
Les PMSE audio recouvrent différents dispositifs (microphones sans fil ou systèmes de retours de scène) utilisés pour des productions de contenus pour la télévision, les théâtres et les opéras mais aussi pour la couverture d'évènements médiatiques ou sportifs. Ces équipements relèvent en France d’un cadre d’autorisation générale permettant d’utiliser, dans le respect de conditions techniques fixées par décision de l’ARCEP, les différentes fréquences prévues à cet effet. A l’exception de deux bandes harmonisées au niveau communautaire en 2014, les fréquences mises à disposition en Europe et le cadre d’autorisation varient d’un pays à l’autre Les PMSE audio opèrent aujourd’hui principalement dans la bande UHF de la télévision, car elle garantit une bonne propagation tout en permettant de disposer d’antennes de taille compatible avec des équipements portatifs. Les signaux utilisés sont aujourd’hui encore analogiques pour garantir des temps de latence faibles, indispensables pour les retour-sons et la synchronisation avec les gestes des acteurs.
Les PMSE audio, qui exploitent les espaces blancs laissés par la diffusion de la télévision, ont été confrontés aux réaménagements successifs de la bande UHF pour libérer les bandes 800 MHz puis 700 MHz en faveur des communications mobiles. Utilisables de 470 à 862 MHz avant 2010, ils devront désormais être mis en œuvre entre 470 et 694 MHz et disposent donc de 168 MHz de moins pour se déployer. Or, les besoins en PMSE augmentent, avec des productions qui deviennent de plus en plus complexes. Entre 2003 et 2012, le besoin a ainsi été multiplié par plus de 6 pour la production d’émissions de télévision, et il s’est encore accru de 88 % entre 2009 et 2012.

Cette augmentation est également constatée lors des grands évènements médiatiques, comme le Tour de France, les 24 heures du Mans ou les Internationaux de France de tennis à Roland-Garros. Sur les 10 dernières années, le Tour de France a vu une augmentation continue du nombre de fréquences PMSE audio sollicitées, passant de 365 en 2007 à 687 en 2016, soit + 88 % ; Roland-Garros a connu une évolution comparable, passant de 187 fréquences PMSE audio en 2007 à 416 en 2016, soit + 122 %. L’ANFR, agissant dans ce domaine par délégation de l’ARCEP, joue un rôle clé en coordonnant ces fréquences, et en allouant des fréquences temporaires pour la durée de l’évènement.
Des fréquences restent disponibles au-dessus de 1 GHz pour les applications spécifiques, par exemple pour un usage dans les salles de réunions où l’environnement est prévisible et où la latence découlant de la numérisation (et donc de l’encodage du signal) reste tolérable.
Les PMSE vidéo renvoient quant à eux aux équipements utilisés pour le transport de signaux vidéo en provenance de caméras portables sans fil, situées au sol ou embarquées à bord de véhicules terrestres ou aériens. Contrairement aux PMSE audio, l'utilisation des fréquences par ce type d’équipement relève d'autorisations individuelles temporaires ou permanentes.
En France, les demandes peuvent ponctuellement dépasser les capacités identifiées au TNRBF pour cet usage. Une négociation entre l’ANFR et les affectataires pour l’accès aux bandes ciblées est alors nécessaire pour satisfaire localement et temporairement ces demandes.

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