Radio

La diffusion de programmes radio se fait aujourd’hui via de nombreux supports. Historiquement, le média radio s’est trouvé diffusé sur plusieurs bandes de fréquences, comme celles des ondes longues (148,5 à 283,5 kHz), des ondes moyennes (526,5 à 1 606,5 kHz), des ondes courtes (3 200 kHz à 26 100 kHz), de la bande FM (87,5 à 108 MHz), de la bande III (174 à 230 MHz) voire de la bande L (1 457 à 1 492 MHz). Des radios sont également diffusées par satellite et sur les réseaux câblés. De nombreux programmes radiophoniques sont accessibles depuis internet, fixe ou mobile.
Les bandes de fréquences inférieures à 30 MHz sont exploitées principalement avec des technologies analogiques. Elles peuvent néanmoins être utilisées pour une diffusion numérique s’appuyant sur la norme Digital Radio Mondiale (DRM/DRM+). Ces bandes permettent la diffusion de programmes internationaux, avec une couverture pouvant atteindre des milliers de kilomètres. Mais cette longue portée, combinée à une faible quantité de bandes de fréquence, limite le nombre de radios de ce type dans le monde. A ce jour, plusieurs radios ont déjà arrêté leur diffusion analogique sur les grandes ondes et, en France, l’extinction de France Inter est prévue fin 2016, sans que d’autres émissions analogiques ou numériques ne s’y soient substituées.
L’essentiel de l’audience de la radio est aujourd’hui assurée via la bande FM. Selon l’observatoire de l’équipement audiovisuel des foyers pour l’année 2015, 99,4 % des individus ont un accès à un équipement radio dont 96 % à un support FM, contre 95 % en 2014. La bande FM connaît ainsi un succès important en France menant à une utilisation intensive de la bande de fréquences 87,5-107,9 MHz. Cette bande, malgré de nombreuses replanifications très élaborées réalisées par le CSA, arrive aujourd’hui à saturation. Il parait peu vraisemblable qu’une quantité substantielle de nouvelles fréquences puisse être mise à disposition à l’avenir.

S’agissant de la bande III, 174 à 230 MHz, plusieurs pays en Europe sont désormais bien avancés dans la numérisation de la diffusion de la radio, comme le Royaume-Uni, l’Allemagne ou la Suisse par exemple, grâce à la technologie Digital Audio Broadcasting (DAB/DAB+). En France, la radio numérique terrestre (RNT), utilise principalement la bande 174-225 MHz, la bande 225-230 MHz étant quant à elle attribuée au ministère de la Défense. Après le démarrage des émissions RNT sur les villes de Paris, Nice et Marseille le 20 juin 2014, le CSA a publié un calendrier des prochains appels à candidature en métropole, allant de 2016 à 2023, pour permettre la poursuite des déploiements en France sur deux multiplex, voire trois dans les grandes villes. Un deuxième appel à candidature relatif à ces multiplex a été lancé le 7 juin 2016 sur les villes de Lyon, Lille et Strasbourg. La liste des radios retenues pour une diffusion sur la RNT dans ces trois villes a été publiée le 3 décembre 2016.
Cette étape devrait étendre significativement la couverture de la RNT qui se rapprochera du seuil des 20 % de couverture du territoire métropolitain à partir duquel tout nouveau récepteur radio vendu en France devra être équipé de la norme DAB+ permettant de recevoir la RNTCette bande de fréquence est également utilisée par des auxiliaires de radiodiffusion, ou PMSE, lors de grands évènements, comme le Tour de France par exemple, ou dans d’autres pays par la TNT.
La bande L, jusqu’alors allouée à une radio pouvant être diffusée par voie terrestre et satellitaire qui a renoncé au bénéfice de sa convention, est désormais en cours de réaffectation aux communications mobiles.
Un autre mode de diffusion des contenus radiophonique repose sur internet, fixe ou mobile. La grande majorité des programmes radio permettent en effet l’écoute en temps réel à partir de leur site internet, pour les accès fixes, ou par une application spécifique, pour tablette ou smartphone.

La 4G+ dispose d’un mode de diffusion adapté à la radio (en faisant du broadcast au lieu de l’unicast), et la 5G pourra également présenter des possibilités de diffusion des programmes radio. Toutefois, il conviendra de prêter attention au pluralisme des courants de pensée et d'opinion sur ces nouveaux supports.

Pour la partie satellitaire, les vastes zones desservies par les satellites géostationnaires en font des plateformes bien adaptées à la radiodiffusion. Plusieurs milliers de chaînes de télévision et de stations de radio sont diffusées par satellite en Europe et leur nombre continue de croître. En France, l’ensemble des chaînes de TNT sont diffusées via deux plateformes satellitaires en HD. La diffusion par satellite a été pionnière en termes d’amélioration des formats de diffusion télévisuelle : dans les années 1990 y a été introduite la diffusion numérique, puis la haute définition dès 2005 (il est d’ailleurs prévu que 20 % du marché de la diffusion satellitaire en 2020 soit généré par des chaînes HD), enfin, de nos jours, l’UHD vient d’y faire son apparition. Comme sur la plateforme terrestre, ce nouveau format sera facilité par la norme de compression HEVC. L’un des avantages de la plateforme satellitaire pour la diffusion de l’UHD réside dans sa disponibilité immédiate : en effet, les satellites actuellement en orbite ont la capacité technique de diffuser sans délai de nombreuses chaînes supplémentaires en UHD.

Sans être stricto sensu une application de radiodiffusion, la plateforme satellitaire joue également un rôle crucial dans la distribution des chaînes de la TNT pour alimenter en contenu les émetteurs terrestres. La plupart de ces émetteurs ne sont en effet pas alimentés par câble ou par fibre mais par voie hertzienne, soit via un relais terrestre proche, soit par satellite. En France, la distribution satellitaire contribue donc indirectement à la diffusion de la TNT sur l’ensemble du territoire.

D’un point de vue des bandes de fréquences utilisées pour assurer la diffusion satellitaire, la quasi-totalité des satellites qui émettent actuellement à destination de l’Europe utilisent la gamme de fréquences 13-14 GHz / 10-11-12 GHz. Gamme-cœur de la diffusion satellitaire en Europe, elle a vocation à accueillir de manière pérenne les chaînes actuelles et à offrir des capacités d’expansion pour les nouvelles chaînes qui se créent chaque année.

Apportez votre contribution au plan stratégique

Enjeux connexes de la gestion des fréquences

Une réflexion au sujet de « Radio »

  1. A l’heure du numérique et de la convergence telecom/broadcast, n’est-il pas temps de rationaliser les infrastructures et les fréquences utilisées sur tout le territoire en étudiant sérieusement les possibilités offertes par l’activation de modes « broadcast ou multicast » sur les réseaux mobiles (4G/5G). Nous avons encore trop une utilisation des bandes de fréquence segmentée par les administrations (ARCEP, CSA, …) et les contenus (TV, radio, …) alors que cette segmentation devrait être faite par l’usage (mobile, fixe,…) en recherchant le vecteur le plus efficace en terme de propagation et d’encombrement spectral.
    Je pense en particulier à la diffusion audiovisuelle occasionnelle d’événements sportifs, musicaux, … vers le grand public et les terminaux mobiles.
    Pourquoi ne pas lancer une expérimentation à l’occasion d’un prochain événement ?

Les commentaires sont fermés.